
Ménages d'une personne et isolement social à Montréal
Partout au Canada, plus de gens que jamais vivent seuls. Statistique Canada souligne que, pour la première fois, les ménages d'une seule personne sont devenus le type de ménage le plus courant au pays, une tendance qui se voit clairement aussi dans les portraits de quartier de Montréal.
Mais ce changement ne se produit pas de façon uniforme sur l'île. Les arrondissements centraux comme Rosemont–La Petite-Patrie et Lachine, de même que des secteurs comme Montréal-Nord, présentent tous des profils différents quant au nombre de personnes qui vivent seules, à la vitesse à laquelle ce nombre augmente et à ce que cela signifie pour l'isolement social et les services.
Y a-t-il de plus en plus de Montréalais qui vivent seuls?
À l'échelle de la ville, Montréal compte déjà une forte proportion de ménages d'une seule personne.
Selon les portraits de 2016 :
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40,8 % de tous les ménages privés de Montréal sont des ménages d'une seule personne.
Cela signifie que environ 2 ménages sur 5 dans la ville sont composés d'une personne qui vit seule. Montréal n'est pas un cas isolé au Canada, mais elle se situe dans le haut de la fourchette des grandes villes où vivre seul est de plus en plus courant.
Les portraits d'arrondissement montrent comment cela se manifeste localement, en particulier à Rosemont–La Petite-Patrie, à Lachine et à Montréal-Nord.
Rosemont–La Petite-Patrie : près de la moitié des ménages sont composés d'une seule personne
Rosemont–La Petite-Patrie est l'un des arrondissements les plus centraux et les plus urbains de Montréal.
En 2016, le profil sociodémographique montre que :
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72 910 ménages privés au total.
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35 885 d'entre eux sont des ménages d'une seule personne.
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Les ménages d'une seule personne représentent donc 49,2 % de tous les ménages de Rosemont–La Petite-Patrie.
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La taille moyenne des ménages n'est que de 1,9 personne.
En termes simples : près d'un logement sur deux à Rosemont est occupé par une seule personne, et les ménages typiques sont petits.
Cela reflète plusieurs caractéristiques structurelles :
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Une très forte proportion de petits appartements, près de **75 % des logements sont des appartements dans des immeubles de moins de cinq étages.】
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Une importante population de jeunes adultes, d'étudiants et de travailleurs en début de carrière, dont beaucoup retardent la formation d'une famille.
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La densification et l'embourgeoisement en cours, qui attirent des professionnels et des créatifs, mais soulèvent des questions sur l'abordabilité à long terme.
Pour la planification des services, cela signifie que Rosemont a besoin de :
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De solides services sociaux, culturels et de santé mentale qui ne partent pas du principe que les gens vivent en famille.
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Des espaces et des programmes publics qui aident les adultes seuls à éviter l'isolement, des cafés et bibliothèques aux centres communautaires et aux ligues sportives.
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Des politiques de logement qui protègent les personnes seules et les aînés à faible revenu, les plus vulnérables lorsqu'ils vivent seuls.
Lachine : une proportion croissante de ménages d'une seule personne
Dans l'ouest de l'île, Lachine présente un portrait différent, mais tout aussi important.
Combien de personnes vivent seules à Lachine?
Le portrait de Lachine fondé sur le recensement de 2016 montre que :
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8 035 ménages composés d'une seule personne, soit 40,3 % de tous les ménages privés de Lachine.
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À l'échelle de la ville, les ménages d'une seule personne représentent 40,8 % des ménages, de sorte que Lachine se situe à peine sous la moyenne montréalaise.
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Ces 8 035 personnes vivant seules représentent 18,9 % de toutes les personnes vivant dans des ménages privés à Lachine.
Il existe aussi des différences internes à l'intérieur de l'arrondissement :
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Lachine-Est : les personnes vivant seules représentent 20,1 % de la population.
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Lachine-Ouest : les personnes vivant seules représentent 16,6 % de la population.
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Montréal (ville) : 19,1 % des gens vivent seuls.
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Québec (province) : 14,8 % des gens vivent seuls.
Lachine-Est a donc une concentration de personnes vivant seules supérieure à la moyenne, tandis que Lachine-Ouest se rapproche davantage du portrait de l'ensemble du Québec.
Un phénomène en croissance rapide
Le même document souligne que :
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La proportion de ménages d'une seule personne à Lachine a augmenté de 12,9 % entre 2011 et 2016, comparativement à seulement 2,9 % pour l'ensemble de Montréal.
C'est un changement très rapide en seulement cinq ans, et cela laisse croire que vivre seul n'est pas qu'une caractéristique statique de Lachine : le phénomène s'accélère.
Montréal-Nord : plus de familles, mais plus du tiers vit tout de même seul
Montréal-Nord est souvent décrit sous l'angle des familles et des jeunes, et les données le confirment. Les ménages y sont plus grands en moyenne, mais vivre seul y reste courant et significatif.
Selon le profil de 2016 :
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35 015 ménages privés à Montréal-Nord.
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12 905 d'entre eux sont des ménages d'une seule personne, soit 36,8 % de tous les ménages.
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La taille moyenne des ménages est de 2,3 personnes, soit plus qu'à Rosemont ou à Lachine.
Montréal-Nord compte donc :
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Plus de familles et d'enfants,
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Mais plus du tiers des ménages sont tout de même composés d'une seule personne.
Ici, les ménages d'une seule personne sont souvent composés d'aînés ou de personnes en situation socioéconomique vulnérable, et les risques d'isolement peuvent être amplifiés par la pauvreté, les problèmes de mobilité et un accès plus limité aux services.
Montréal dans son ensemble : les ménages d'une personne comme indicateur de vulnérabilité sociale
Le portrait de Lachine est explicite : la proportion de personnes vivant seules est considérée comme un indicateur de défavorisation sociale.
À l'échelle de Montréal, le portrait territorial de 2021 montre que :
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Les ménages d'une seule personne représentent une grande part de tous les types de ménages de la ville, aux côtés des couples avec ou sans enfants et d'autres formes de ménages de plusieurs personnes.
Dans de nombreux arrondissements centraux, vivre seul est associé à :
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De jeunes adultes dans de petits appartements, avec de solides réseaux sociaux mais un emploi ou un logement précaire;
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Des aînés dont le conjoint est décédé ou est entré en établissement de soins;
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Des nouveaux arrivants ou des migrants récents qui commencent leur vie à Montréal dans un petit logement locatif, souvent loin de leur réseau familial.
Vivre seul ne rime pas automatiquement avec isolement social, mais lorsque cela s'ajoute à :
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faible revenu,
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logement de mauvaise qualité,
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un handicap ou des problèmes de santé,
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et à un accès limité aux services ou aux espaces communautaires,
…cela peut se traduire par un véritable isolement et des risques pour la santé mentale.
Portrait comparatif : les ménages d'une seule personne dans les principaux secteurs de Montréal
Voici un tableau comparatif simple que vous pouvez utiliser directement dans l'article.
| Secteur | Année | Total des ménages privés | Ménages d'une seule personne | Proportion de ménages d'une seule personne | Taille moyenne des ménages |
|---|---|---|---|---|---|
| Montréal (ville) | 2016 | – | – | 40,8 % des ménages sont composés d'une seule personne | ≈2,1 personnes par ménage (référence tirée des portraits d'arrondissement) |
| Rosemont–La Petite-Patrie | 2016 | 72 910 ménages | 35 885 ménages d'une personne | 49.2% | 1,9 personne par ménage |
| Lachine | 2016 | 19 915 ménages | 8 035 ménages d'une personne | 40.3% | 2,1 personnes par ménage |
| Montréal-Nord | 2016 | 35 015 ménages | 12 905 ménages d'une personne | 36.8% | 2,3 personnes par ménage |
Rosemont se démarque comme un pôle urbain très dense de personnes vivant seules, alors que Lachine et Montréal-Nord affichent des proportions un peu plus faibles de ménages solos, mais tout de même importantes, avec des profils d'âge et de revenu différents.
Qu'est-ce que cela signifie pour les services et l'urbanisme?
Pour l'ensemble de Montréal, la hausse et la concentration des ménages d'une seule personne dans des arrondissements comme Rosemont et Lachine ont trois grandes conséquences :
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Services de santé et de santé mentale
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Plus de gens qui vivent seuls, c'est un risque accru de problèmes de santé mentale non détectés, en particulier la dépression et l'anxiété chez les aînés ou les nouveaux arrivants.
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Les CLSC, les organismes communautaires et les cliniques des arrondissements centraux doivent aller activement à la rencontre des personnes qui vivent seules, et pas seulement des familles.
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Espaces communautaires et infrastructures sociales
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Les parcs, les bibliothèques, les espaces de cotravail, les cafés et les lieux culturels sont des « tiers lieux » essentiels où les gens qui vivent seuls peuvent créer des liens.
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Les arrondissements centraux où les ménages solos sont nombreux ont besoin de centres communautaires et de maisons de quartier bien financés et accessibles pour réduire l'isolement.
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Logement et abordabilité
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Les ménages d'une seule personne sont particulièrement vulnérables aux hausses de loyer, car un seul revenu doit couvrir la totalité des coûts.
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Dans des arrondissements comme Rosemont, où près de la moitié des ménages sont composés d'une seule personne, les politiques sur les studios abordables et les logements de 2½ et 3½ deviennent cruciales.
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À Lachine et à Montréal-Nord, où les revenus ont tendance à être plus faibles, protéger les logements à loyer modique et développer le logement social et communautaire est essentiel pour éviter le déplacement des personnes qui vivent seules.
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En résumé :
La hausse des ménages d'une seule personne transforme le tissu social de Montréal. Dans les arrondissements centraux comme Rosemont et Lachine, vivre seul est maintenant une caractéristique structurelle de la population, et non un cas marginal. La planification de la santé, du logement et de la vie sociale doit partir de cette réalité si l'on veut prévenir l'isolement et bâtir une ville où vivre seul ne veut pas dire être seul.
Foire aux questions
Combien y a-t-il de ménages d'une seule personne à Montréal?
Environ 36 pour cent des ménages montréalais sont composés d'une seule personne, le taux le plus élevé de toutes les villes canadiennes. Cela représente plus de 480 000 adultes qui vivent seuls dans le Grand Montréal. L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal arrive en tête, avec 50 pour cent des ménages. En comparaison, Toronto se situe à 28 pour cent et Vancouver à 30 pour cent.
Pourquoi y a-t-il autant de gens qui vivent seuls à Montréal?
Trois facteurs : des loyers moins élevés que dans les autres grandes villes canadiennes (en moyenne 1 650 $ pour un 3½ contre 2 400 $ à Toronto), une abondance de petits studios abordables dans les vieux triplex, et une tradition culturelle canadienne-française qui valorise l'indépendance résidentielle. Le Québec compte aussi moins de ménages multigénérationnels que l'Ontario ou la Colombie-Britannique.
Montréal est-elle solitaire pour les personnes seules?
Des sondages (Léger 2024, Statistique Québec 2023) montrent que les Montréalais déclarent des niveaux de sentiment d'appartenance sociale semblables à ceux des Torontois et des Vancouvérois. La culture des cafés, les quartiers où l'on peut tout faire à pied et la programmation des festivals compensent le fait de vivre seul. Cela dit, environ 28 pour cent des Montréalais disent se sentir souvent seuls, contre une moyenne canadienne de 25 pour cent.
Quels quartiers de Montréal comptent le plus de ménages d'une seule personne?
Plateau-Mont-Royal (50 pour cent), Ville-Marie, centre-ville (47 pour cent), Mile End (42 pour cent), Hochelaga-Maisonneuve (40 pour cent), Verdun (38 pour cent), Rosemont (37 pour cent). Taux les plus bas : Côte-Saint-Luc (15 pour cent), Saint-Léonard (18 pour cent), Anjou (20 pour cent).
Comment les Montréalais font-ils face à l'isolement social?
Une forte culture des « tiers lieux » : cafés, parcs (mont Royal, La Fontaine), bibliothèques publiques, événements extérieurs gratuits et une scène de rencontres bien établie. La ville finance plus de 60 centres communautaires (maisons des jeunes, centres communautaires), en plus de programmes menés par des bénévoles par l'intermédiaire des CLSC.
📍 Dans cet article
- 1. Y a-t-il de plus en plus de Montréalais qui vivent seuls?
- 2. Rosemont–La Petite-Patrie : près de la moitié des ménages sont composés d'une seule personne
- 3. Lachine : une proportion croissante de ménages d'une seule personne
- 4. Montréal-Nord : plus de familles, mais plus du tiers vit tout de même seul
- 5. Montréal dans son ensemble : les ménages d'une personne comme indicateur de vulnérabilité sociale
- 6. Portrait comparatif : les ménages d'une seule personne dans les principaux secteurs de Montréal
- 7. Qu'est-ce que cela signifie pour les services et l'urbanisme?





