Été à Montréal 2026 : un début lent, un mois de juillet potentiellement record et le tournant d’El Niño

Prévisions saisonnières et climat

Été à Montréal 2026 : un début lent, un mois de juillet potentiellement record et le tournant d’El Niño

Deux prévisions contradictoires. L'une annonce des températures record en juillet, l'autre un début de saison frais et instable. Les données qui sous-tendent ces deux prévisions, ainsi que la tendance à long terme qui montre que les étés montréalais sont en moyenne 1,5 °C plus chauds qu'au milieu du siècle, laissent présager une saison très volatile, avec des pics de chaleur et un milieu de saison imprévisible.

Période: Juin – août 2026
Sources : MétéoMédia, Almanach du vieux fermier, ECCC
Gare: Montréal-Trudeau (CYUL)

26,7°C
Température maximale moyenne en juillet (normale)
+1,5°C
Réchauffement estival depuis 1948
66
Décès lors de la vague de chaleur de 2018
61%
Risque d'El Niño d'ici juillet

Après un printemps 2026 froid et morne, les Montréalais attendent avec impatience le retour des chaleurs estivales. Les prévisions divergent quant au déroulement de la saison, mais toutes s'accordent sur un point : juillet s'annonce exceptionnel.

Voici ce que les données révèlent sur l'été 2026 à Montréal, le contexte climatique de référence et le cadre historique qui encadre toute la saison.

Deux prévisions concurrentes (et pourquoi c'est important)

Deux des prévisions saisonnières les plus suivies pour le Québec pointent dans des directions opposées pour le début de l'été 2026 — ce qui constitue en soi une information utile quant à la volatilité probable de la saison.

Prévisions A — Almanach du vieux fermier (édition canadienne)
“ Juillet pourrait battre des records de chaleur ”

Été plus chaud que la normale dans le sud du Québec, avec des précipitations inférieures à la normale dans l'est. Des périodes de forte chaleur encadrent le mois de juillet (de fin juin à début juillet, puis du 24 au 31 juillet), avec une autre vague de chaleur importante à la mi-août (du 12 au 16 août). L'Almanach signale El Niño comme “ amplificateur thermique ” générer le modèle.

Prévisions B — MétéoMédia / Le Réseau Météo
“ L’est du Canada pourrait connaître un été difficile et changeant ”

Historiquement, El Niño pousse la chaleur vers l'ouest du Canada et laisse l'est plus frais et plus instable. L'été ressenti — le moment où Montréal atteint des températures de 23 à 25 °C — pourrait arriver plus tard que d'habitude. Les années El Niño comparables (2009, 2015, 2023) ont toutes donné les mêmes résultats. Débuts difficiles et décevants à l'été québécois.

La réconciliation : Les deux prévisions peuvent être exactes. Un mois de juin frais et calme, suivi d'un mois de juillet et d'août chauds et secs, correspond exactement au schéma qu'El Niño tend à engendrer dans l'est du Canada. Attendez-vous à un début de saison poussif, puis à une chaleur persistante à partir de la mi-juillet.

Perspectives 2026 en une page

Mois Perspectives temporaires Précipitation Surveillance des risques
Juin Début de mois frais et instable ; fin de mois plus chaude Proche ou supérieur à la normale Orages violents possibles
Juillet Au-dessus de la normale ; records de chaleur potentiels Inférieur à la normale dans l'est Vague de chaleur ; fumée d'incendies de forêt ; alertes à la qualité de l'air
Août Au-dessus de la normale ; vague de chaleur en milieu de mois Orages fréquents après le 17 août Vestiges de systèmes tropicaux (échos de 2024)

Juin frais. Juillet chaud. Volatil Août. N'oubliez pas la crème solaire et un plan B.

À quoi ressemble la “ normalité ” durant un été montréalais

Avant toute prévision, voici les données de référence. Voici à quoi ressemble un été typique à Montréal, selon les normales climatiques d'Environnement Canada à Montréal-Trudeau (CYUL).

Métrique Juin Juillet Août
pic quotidien moyen 24,2°C 26,7°C 25,7°C
Moyenne quotidienne minimale 13,8°C 16,7°C 15,6°C
Précipitations (mm) 84 mm 91 mm 85 mm
Jours de précipitations ~12 ~12 ~11
Ensoleillement (heures) 240 h 272 h 240 h
Humidité moyenne 65% 67% 69%
Vitesse moyenne du vent 14,2 km/h 13,6 km/h 10,9 km/h

Trois choses ressortent. Juillet est le mois le plus ensoleillé de Montréal — 272 heures d'ensoleillement, le record annuel de la ville. Août est le plus calme avec un vent moyen de seulement 10,9 km/h. Et surtout, L'été est statistiquement la saison la plus humide. À Montréal, juin, juillet et août sont les mois les plus pluvieux hors été.

Le premier jour à 30 °C — Comparaison annuelle

Si le printemps marque le début des 20 °C, l'été, c'est le premier jour à 30 °C – le seuil fatidique qui nous pousse à allumer la clim. Voici comment se sont déroulées les dernières années.

Premier jour à 30 °C à Montréal — Comparaison annuelle
2020
27 mai
2024
17 juin
2023
28 juin
2025
23 juin
2022
6 juillet
moyenne à long terme
~28 juin

Années 2020 27 mai Il s'agit toujours de la journée la plus précoce jamais enregistrée à Montréal, en 137 ans de relevés. Le mercure a atteint 36,6 °C ce jour-là, et même 37 °C dans certaines parties de l'Ouest-de-l'Île. Pour 2026, les deux prévisions indiquent que le premier jour à plus de 30 °C sera relativement tardif. fin juin ou début juillet — suivi d'un été caniculaire.

La tendance de la décennie des vagues de chaleur

Le nombre de jours où la température atteint ou dépasse 30 °C durant l'été montréalais a plus que doublé depuis les années 1980. C'est cette tendance qui a mené à la catastrophe de 2018 et c'est celle que le système de santé publique de la ville prend désormais activement en compte dans sa planification.

Nombre de jours à plus de 30 °C par été à Montréal — par décennie
années 1980
~9
années 1990
~11
années 2000
~13
années 2010
~18
2020–25
~22

Estimations annuelles basées sur les relevés climatiques quotidiens d'Environnement Canada.

Étés mémorables à Montréal — Les Records

1er août 1975
Journée la plus chaude jamais enregistrée — 37,6 °C
La température la plus élevée jamais enregistrée à Montréal en 137 ans de relevés climatiques. Ville avant l'installation de la climatisation, station du centre-ville. Ce record tient depuis 51 ans. Anecdote intéressante : cette date est exactement un an avant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de 1976.
Été 1992
L'été qui n'a jamais atteint les 30°C
Il s'agit du seul été jamais enregistré à l'aéroport Montréal-Trudeau où la température n'a pas dépassé 30 °C. Le maximum annuel a été de 29,6 °C. Ce phénomène est dû au refroidissement climatique global consécutif à l'éruption du volcan Pinatubo en 1991.
30 juin – 8 juillet 2018
La vague de chaleur qui a tué 66 Montréalais
Les températures maximales quotidiennes ont atteint 35,5 °C, avec un indice humidex de 45 °C. De façon préoccupante, les températures minimales nocturnes sont restées supérieures à 20 °C pendant sept nuits consécutives. La Santé publique a enquêté sur 66 décès liés à la chaleur sur l'île de Montréal. Parmi ces décès, 801 sont survenus à domicile et 661 vivaient dans des zones urbaines considérées comme des îlots de chaleur. L'été 2018 a ainsi été le plus chaud jamais enregistré au Québec en 146 ans.
27 mai 2020
Journée record de plus de 35 °C — 36,6 °C
À Montréal-Trudeau, le mercure a atteint 36,6 °C en mai, un record de précocité en 137 ans d'histoire. Le même jour, dans certaines parties de l'Ouest-de-l'Île, le mercure a grimpé jusqu'à 37 °C, avec un indice humidex dépassant les 42 °C.
Juin 2023
Le mois étouffé par la fumée
Fin juin 2023, l'indice de la qualité de l'air à Montréal a brièvement atteint le pire niveau au monde, alors que la fumée des feux de forêt du Québec recouvrait la ville. L'indice de la qualité de l'air pour la santé a dépassé 10 (“ risque très élevé ”) à plusieurs reprises. Les écoles ont annulé leurs activités extérieures et le calendrier d'entraînement de tous les clubs de course à pied de la ville a été complètement bouleversé.
9 août 2024
Journée de 145 mm de l'ouragan Debby
Les restes de l'ouragan Debby ont stationné au-dessus de Montréal et ont déversé 145 mm de pluie sur le centre-ville en 24 heures, un record absolu pour la ville. Les autoroutes ont été inondées, le métro a dû fermer des tronçons et près de 200 000 bâtiments ont subi des dégâts d'eau. Le précédent record de précipitations en une journée tenait depuis plus de 60 ans.

Alerte canicule — Ce que le système de santé publique du Québec définit comme “ extrême ”

L’INSPQ (Institut national de santé publique du Québec) utilise une définition clinique de “ vague de chaleur extrême ” liée au risque de mortalité. Pour Montréal, le seuil est de trois jours consécutifs où la moyenne mobile pondérée sur 3 jours atteint au moins 33 °C maximum et 20 °C minimum. Une fois ce seuil franchi, la ville met en œuvre des actions de sensibilisation communautaires auprès des personnes à haut risque identifiées.

Seuil de vague de chaleur Quels sont les déclencheurs ?
Alerte canicule Températures maximales diurnes ≥ 31 °C avec un humidex ≥ 40 °C — communiqué d'ECCC
Événement de chaleur extrême (INSPQ) 3 jours à 33°C max + 20°C min (moyenne mobile sur 3 jours)
Nuit tropicale La température minimale nocturne ne descend pas en dessous de 20 °C, un facteur déterminant de la mortalité.
Journée chaude Température maximale diurne ≥ 30 °C — utilisée pour le suivi des tendances

L'indicateur le plus important pour la santé est nuits tropicales — le nombre de jours où la température nocturne reste supérieure à 20 °C. La mortalité de la vague de 2018 était principalement due à sept nuits tropicales consécutives, et non au pic diurne. Les corps ne pouvaient pas récupérer pendant la nuit. Les prévisions pour 2026 annonçant une fin juillet chaude et sèche, c'est cet indicateur qu'il faut surveiller.

La question de la fumée des feux de forêt

Depuis 2023, la fumée des feux de forêt est devenue une caractéristique marquante des étés canadiens. Montréal a connu sa pire période de pollution atmosphérique jamais enregistrée en juin de cette année-là ; les années 2024 et 2025 ont chacune été marquées par de multiples épisodes de fumée. Le profil de risque pour 2026 dépend de l’activité des feux à l’échelle continentale, laquelle dépend des conditions de sécheresse dans l’Ouest canadien, elles-mêmes influencées par le même phénomène El Niño qui devrait être à l’origine des fortes chaleurs estivales à Montréal.

Saisons récentes des feux de forêt au Canada (superficie brûlée)
2023
~150 000 km²
2025
~98 000 km²
2024
~52 000 km²
moyenne sur 10 ans
~27 000 km²

Pour Montréal en particulier, cela signifie concrètement que la “ saison de la fumée ” estivale, autrefois source de préoccupation majeure fin juillet ou en août, commence désormais systématiquement en juin. Le suivi de l’indice de la qualité de l’air (IQA) n’est plus une option pour les résidents souffrant de problèmes respiratoires, les athlètes s’entraînant pour un marathon ou toute personne travaillant à l’extérieur.

Saison des festivals et les effets de l'été sur Montréal

L'été à Montréal, toute une année d'activités culturelles en plein air se concentre sur une quinzaine de semaines. Les prévisions pour 2026 indiquent que la période la plus propice aux festivals se situe entre fin juillet et début août.

Grand Prix du Canada
Mi-juin sur le circuit Gilles-Villeneuve. Le temps en juin peut être frais et instable ; une course sous la pluie est possible. Le lent début de juin.
Festival de jazz
De fin juin à début juillet. Les prévisions sont les suivantes : réchauffement de fin juin Cela devrait bien coïncider avec les week-ends de pointe du festival de jazz.
Juste pour rire
Mi-juillet à fin juillet. Atterrissage probable dans le la plus chaude D'après les prévisions actuelles, les lieux intérieurs seront très demandés cet été.
Osheaga
Premier week-end d'août au parc Jean-Drapeau. La météo annonce chaud et généralement sec, avec risque d'orages après le 17 août.
Fierté / Fresque
La Marche des fiertés a lieu début août ; le Festival des fresques murales début-mi-juin. Les deux devraient coïncider avec fenêtres météorologiques favorables.
Piknic Électronik
Les dimanches, de mai à septembre. Les prévisions indiquent Les dimanches de juin pourraient être moins performants.; Juillet et août devraient correspondre au cahier des charges.
Tam-Tams
Les dimanches après-midi sur le Mont-Royal. La période allant de la fête des Mères à la fête du Travail sera de plus forte fin juillet.
Piscines publiques
La plupart des piscines de Montréal ouvrent à la mi-juin et ferment à la fête du Travail. Avec les fortes chaleurs de l'été, attendez-vous à ce que… pic de demande mi-juillet.

Liste de vérification pratique pour l'été 2026 à destination des Montréalais

Quand Quoi
Début juin Testez votre climatiseur. Soyez vigilant face aux risques d'orages. Ne vous fiez pas aux prévisions météo de début juin : prévoyez un pull pour les activités en extérieur.
Fin juin Soyez vigilants face à la première vague de chaleur persistante au-dessus de 30 °C. Inscrivez-vous aux alertes chaleur de SUPREME/ECCC si ce n'est pas déjà fait.
Début-mi-juillet Période de forte chaleur. Faites des réserves d'électrolytes. Repérez le centre de rafraîchissement le plus proche. Prenez des nouvelles de vos voisins âgés pendant les épisodes de chaleur extrême de plus de 3 jours.
24-31 juillet D'après les prévisions de l'Almanach, cette période est la plus susceptible d'entraîner des vagues de chaleur record. Surveillez l'indice AQHI, car la fumée des feux de forêt pourrait aggraver la situation.
mi-août Deuxième vague de chaleur attendue. Du 12 au 16 août, temps ensoleillé et très chaud. Privilégiez les activités physiques en extérieur tôt le matin ou après 19h.
Fin août Saison des tempêtes. Soyez vigilants face aux restes de systèmes tropicaux — comme lors de l'ouragan Debby. Nettoyez les descentes pluviales et les sous-sols susceptibles d'être inondés.

Vue d'ensemble de Montréal

L'été 2026 à Montréal s'annonce particulièrement instable : un mois de juin calme, un mois de juillet potentiellement caniculaire et un mois d'août orageux et en pleine transition. Le phénomène El Niño est le fil conducteur : sa tendance à amener la chaleur vers l'ouest du Canada en début de saison, puis à la déplacer vers l'est au fil des mois, correspond presque parfaitement aux prévisions.

Au-delà des fluctuations annuelles, la tendance est claire et s'accélère. Le nombre de jours à plus de 30 °C à Montréal a plus que doublé depuis les années 1980. Les nuits tropicales, autrefois rares, sont désormais un phénomène annuel. La fumée des feux de forêt, au même titre que la chaleur, est devenue une préoccupation majeure pour la santé en été. Le record de précipitations journalières du 9 août 2024 (145 mm) a été établi par un reste de système tropical ; les modèles climatiques suggèrent que ce nouveau record ne tiendra pas 60 ans comme le précédent.

Pour 2026 en particulier : concrètement, les Montréalais doivent s’attendre à un été où les températures atteindront des sommets plus élevés et plus tôt que la moyenne saisonnière, avec la possibilité d’un événement extrême mémorable (record de chaleur, épisode de fumée ou pluies liées à un système tropical) avant septembre.

En résumé : Un mois de juin patient. Un mois de juillet caniculaire. Un mois d'août instable. L'été montréalais, qui condense toute une année de culture en plein air, est désormais plus court aux extrémités et plus chaud au centre qu'il y a 30 ans — et les prévisions pour 2026 confirment cette tendance.

Sources de données
  1. Environnement et Changement climatique Canada — Données climatiques historiques pour Montréal-Trudeau (CYUL); prévisions de température moyenne mondiale pour 2026 (janvier 2026).
  2. MétéoMédia / Le Réseau Météo — Prévisions pour l'été 2026 dans l'Est du Canada.
  3. Almanach du vieux fermier (édition canadienne 2026) — Prévisions estivales pour le sud du Québec, incluant une ventilation régionale d'Almanac.com pour juillet et août.
  4. Centre de prévision climatique de la NOAA — Prévisions d'émergence d'ENSO et d'El Niño pour mai-juillet 2026.
  5. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) — Enquête sur la mortalité liée à la canicule 2018; Système de surveillance SUPRÊME.
  6. Wikipedia (avec références croisées à des sources primaires) — Géographie des relevés climatiques de Montréal ; vague de chaleur nord-américaine de 2018.
  7. Ressources naturelles Canada — Système canadien d’information sur les feux de forêt (superficie brûlée de 2023 à 2025).
  8. Climates to Travel et climate-data.org — Normales climatiques pour Montréal de juin à août.